La dématérialisation des données, un enjeu de sécurité et un enjeu financier.

La première dématérialisation a consisté à transférer un contenu, une somme d’informations, ayant un support originel vers un support multimédia (un ordinateur, une console, etc.).
L’objectif était alors de simplifier certaines tâches.

Cette première dématérialisation a simplifié votre travail mais, fondamentalement, les choses n’ont guère changé. Hier “prisonniers” du papier pour le courrier ou du “CD” pour votre musique, vous êtes maintenant “prisonnier” du format de vos fichiers !

S’il existe des formats standards et ouvert (non commerciaux) comme le MP3 pour la musique ou le RTF pour le texte de vos courriers, la plupart des logiciels commerciaux ont un format de fichiers (container) souvent associé au terme document (qui, lui, a surtout un sens de contenu).

D’où le souci de travailler ou d’échanger un contenu dont nous serions propriétaire (cet article par exemple) avec d’autres personnes. Le département marketing des concepteurs de logiciel a fait du bon travail ! On n’envoie plus un article ou un courrier on dit : «je t’envoie un Word ou un .doc».

Bien sûr, il existe des contre-exemples mais la plupart des utilisateurs connaissent rarement les formats “ouverts” permettant d’échanger … Et quand bien même ! L’utilisation de formats de fichiers d’échange et ouverts fait souvent perdre de l’information ; par exemple la mise en page ou les calques dans une image ou tout simplement des informations spécifiques que le logiciel propriétaire utilise.
Bref, on peut presque dire que la qualité de votre travail sur un contenu brut d’information va dépendre du logiciel et par conséquent du format de fichier natif qui lui est associé.
Cela étant, nous nous sommes relativement bien adaptés à la situation ; les logiciels se sont améliorés et, surtout, les solutions “Open-Source” nous ont donné quelques outils favorisant l’échange.

Nous voilà ainsi entrés dans l’ère de la deuxième dématérialisation … Il a fallu pour ses grandes sociétés pourvoyeuses de logiciels et de matériels trouver une autre source de revenus, elles nous ont donc concoctés du “service”.
Avant, si vous aviez un ordinateur portable, vous pouviez vous balader avec vos films, votre musique, vos documents ; bref avec un outil de travail et de loisir vous permettant d’exploiter vos données et de travailler. Ce faisant, d’aucuns ont pensé que vos données avaient de la valeur non seulement par leur contenu mais aussi par le fait qu’elles étaient stockées sur votre ordinateur…

À ce moment-là, quelques types ont eu une idée de “génie” (marketing et financière), consistant à vendre la dématérialisation du stockage de vos données !

Des Centres de Données avec des capacités de stockage inouïes ont été construits pour héberger des informations qui ne seront plus sur vos disques durs ou chez vous sur des supports externes. Ce qu’on vous vend, c’est de la possibilité d’en disposer quand vous voulez via une connexion internet. Vous allez donc payer Amazon, DropBox et consorts pour que ces sociétés stockent vos données.

Trois questions méritent alors d’être posées :

  1. Qu’en est il de la fiabilité et de la sauvegarde de mes données ?
  2. Qu’en est il de leur confidentialité ?
    Et où se trouvent-elles physiquement ?
  3. Est-ce que je demeure le seul propriétaire de mes données une fois qu’elles sont dans le “Cloud” ?

Sans tomber dans la paranoïa, beaucoup d’interlocuteurs pointent les failles d’un tel système. Parmi eux, le médiatisé Edward Snowden :

http://www.zdnet.fr/actualites/dropbox-edward-snowden-en-deconseille-l-utilisation-39804029.htm

Chacun pourra se faire son opinion mais, en lecteur attentif de la presse spécialisée, je ne peux que constater que les systèmes de stockage de données tombent régulièrement en panne, sont attaqués et que leur confidentialité est plus que sujette à caution.
Il existe heureusement des solutions pour fabriquer son propre “Cloud” ; lesquelles permettent de gérer “soi-même” l’ensemble matériel-logiciel sans avoir recours à des sociétés tentaculaires et impersonnelles.
Verrait-on une petite souris confier le petit bout de fromage auquel elle tient tant à un gros matou ventru ? Sans doute pas.

Il est aujourd’hui possible de bénéficier des avancées technologiques en matière de dématérialisation (stockage et sauvegarde) sans recourir à des mastodontes.
Les solutions de proximité, qui respectent strictement la confidentialité, sont une alternative à laquelle les sociétés, tout comme les particuliers, doivent se montrer attentifs pour éviter d’avoir les deux pieds dans le même sabot.